Marchés actions :
Le dossier de la dette grecque continue de faire l’actualité et est venu déstabiliser les marchés en cette semaine écourtée pour de nombreuses places boursières.
Les investisseurs attendaient avec attention la décision de l’Union Européenne, du Fond Monétaire International et de la Banque Centrale Européenne concernant la mise en place d’un nouveau plan d’aide à la Grèce. La troïka était en effet réunie à Athènes, cette semaine, pour étudier la situation du pays et discuter d’une sortie de crise alors que beaucoup affirment qu’une restructuration de la dette hellénique devient inévitable. L’Allemagne s’est, pour sa part, dite prête à débloquer une aide à la Grèce. La volonté d’une sortie de crise rapide de la dette grecque, couplée à un taux de chômage en baisse en Allemagne, a rassuré les investisseurs. Le taux de chômage en Allemagne a enregistré sa quatrième baisse mensuelle consécutive au cours du mois de mai atteignant 7,0%, soit 2,974 millions de chômeurs. Dans ce contexte, les marchés européens se sont repris mardi après un premier jour de la semaine plutôt calme en raison de la fermeture de marchés américains et britanniques. Ainsi, l’indice parisien gagne 1,63% sur la séance, tiré vert le haut par les valeurs bancaires à l’image de Société Générale (+2,47%), Crédit Agricole (1,77%) ou encore BNP Paribas (+1,90%).
Sur les cinq derniers jours le CAC recule de 1,37% et s’affiche vendredi matin, en dessous de la barre des 4 000 points à 3 896,96 points. Ailleurs en Europe, la tendance est similaire. L’euro stoxx 50 perd 1,14% sur la même période et cote vendredi dans la matinée à 2 787,27 points tandis que le Footsie et le Dax reculent respectivement de 1,43% à 5 854,03 points et de 0,81% à 7 105,47 points
La situation économique de la Grèce reste en effet critique malgré les 110 milliards d’euros dont le pays a bénéficié l’année dernière. Ainsi, l’agence de notation Moody’s a abaissé la note de la dette grecque de trois crans à Caa1 affirmant que la probabilité de défaut du pays était importante et qu’une possible restructuration de la dette pourrait entrainer la participation du secteur privé. Cette nouvelle a semé le trouble sur les marchés alors que les chiffres américains publiés cette semaine montrent des signes d’essoufflement de l’activité économique du pays. Le taux d’emplois non agricoles est en effet ressorti nettement en baisse avec seulement 38 000 emplois créés au mois de mai pour le secteur privé américain où les marchés tablaient sur une création de 175 000 emplois sur cette période. L’indice des directeurs d’achat atteint quant à lui 53,5 lorsque les prévisions attendaient 57,7. Le nombre de personnes inscrites à l’assurance-chômage a également progressé plus que prévu puisqu’on dénombre 422 000 nouvelles inscriptions la semaine dernière. Par ailleurs, l’agence Moody’s a souligné un possible abaissement de la note souveraine des Etats-Unis si un défaut subviendrait en raison notamment du niveau élevé de la dette du pays qui atteint actuellement son plafond autorisé par les parlementaires fixé à 14 294 milliards de dollars. Rappelons que Standard & Poor’s avait déjà revu sa perspective de la note des Etats-Unis de stable à négative au cours du mois d’avril. Dans ce contexte, le Dow Jones Industrials cote 12 248,55 points avant la dernière séance de la semaine et enregistre une baisse de 1,55% sur les cinq derniers jours. Le Nasdaq Composite recule pour sa part de 0,84% à 2 773,31 points tandis que le S&P 500 s’affiche également dans le rouge, sur cette période, à 1 312,94 points (-1,36%).
Du coté des marchés asiatiques, les indices ont été également pénalisés par les mauvaises statistiques américaines. Par ailleurs, le Japon doit faire face à une crise politique après l’annonce de la démission du premier ministre Naoto Kan dès la fin de la crise nucléaire. Ainsi, le Nikkei repasse sous la barre des 9 500 points et cote en fin de semaine 9 492,21 points après une baisse de 0,66% au cours de la dernière séance de la semaine. Ailleurs en Asie, l’indice boursier de la bourse de Hong Kong, le Hang Seng perd 1,31% vendredi à 22 949,56 points tandis que le SSE Composite gagne 0,84% à 2 728,02 points.
Forex :
Sur le marché des devises, la semaine a été jalonnée par des rendez-vous déterminants pour la zone euro ainsi que par de nombreuses annonces macroéconomiques outre-Atlantique. Les opérateurs restent partagés sur les impacts de ces différents rendez-vous et la prudence domine sur les marchés.
Aux Etats-Unis, les publications macroéconomiques ont été majoritairement décevantes et ont pesé indéniablement sur le dollar qui s’est replié au cours de cette semaine. Le Dollar Index, qui montre l’évolution du billet vert face à ses principales contreparties, s’échange autour des 74,30 points ce vendredi 03 juin contre 75,08 points lundi 30 mai. L’indice sur le dollar avait déjà perdu du terrain la semaine dernière chutant de 2,24% suite aux mauvais chiffres sur le marché immobilier américain, véritable talon d’Achille de l’activité économique outre-Atlantique. Les inquiétudes sur la vigueur de la reprise américaine se sont accentuées cette semaine accélérant la baisse du dollar. En effet, la confiance du consommateur américain pour le mois de mai est ressortie contre toute attente en baisse à 60,80 points contre 65,4 points le mois précédent. Ensuite, mercredi la surprise est venue du rapport du cabinet ADP mesurant les variations de l’emploi aux Etats-Unis dans le secteur privé. Les créations d’emplois ont nettement ralenti puisque pour le mois de mai, le secteur privé enregistre 38 000 créations contre 175 000 pour le moi d’avril. Puis, le mauvais chiffre de l’indice ISM manufacturier ressorti à 53,50 points contre 58 attendu est venu renforcer les inquiétudes des investisseurs. L’indice reflète le niveau de l’activité dans le secteur des services et se rapproche dangereusement du seuil de contraction de l’activité (50 points). Jeudi, les nouvelles demandes d’allocations-chômage n’ont pas réussi à insuffler un vent d’optimisme sur les marches concernant la situation de l’emploi outre-Atlantique. Celles-ci se stabilisent au-dessus des 400 000 inscrits à 422 000 inscrits. De plus, le dollar accuse le coup après l’avertissement de l’agence de notation financière Moody’s sur la situation de la dette américaine qui dépasse les limites légales fixées par le congrès américain. Ce vendredi, les investisseurs restent dans l’expectative et attendent avec prudence l’annonce des chiffres mensuels du chômage aux Etats-Unis.
En zone euro, l’actualité a été rythmée par le dossier de la dette hellénique. La semaine dernière, les investisseurs s’inquiétaient des risques de contagion des difficultés budgétaires de la Grèce vers les pays les plus fragiles de la zone euro suite à l’annonce de la baisse la note de la dette de l’Italie à « négative » contre « stable » par l’agence Standard&Poor’s. La monnaie unique revenait vers les 1,43 dollar vendredi dernier, bénéficiant des publications macroéconomiques décevantes outre-Atlantique. En début de semaine, la monnaie unique restait sous pression face à l’incertitude concernant la crise budgétaire grecque et s’échangeait autour des 1,4280 dollar. En effet, les divergences entre le FMI, l’UE et la BCE à propos d’une restructuration de la dette grecque persistaient et pesaient sur le moral des investisseurs. Puis, le marché attendait le compte rendu du rapport entre le FMI et l’Union Européenne sur la situation de la Grèce qui devrait recevoir cette semaine la cinquième tranche du prêt accordé en 2010 par les deux institutions. Mardi, L’euro reprenait le chemin de la hausse et s’échangeait face au billet vert aux alentours des 1,4380 dollar. La monnaie unique était soutenue par les bonnes nouvelles entourant le dossier grec. En effet, selon le Wall Street journal, l’Allemagne serait prête à accorder une nouvelle aide à la Grèce sans poser de condition sur la durée du remboursement. Alors que les chiffres de l’inflation annuelle de la zone euro sont ressortis en baisse à 2,7% pour le mois de mai contre 2,8% en avril, la monnaie européenne a été soutenue par les propos de Mario Draghi, gouverneur de la Banque d’Italie, affirmant que la politique monétaire de la BCE reste actuellement accommodante. Jeudi, le marché a accueilli très favorablement l’accord de principe de l’Union Européenne sur une nouvelle aide financière à la Grèce. Dans ce contexte, l’euro a bondi face au billet vert atteignant 1,4518 dollar vendredi matin contre 1,4305 dollar jeudi matin. Ainsi, les délégations de la Troïka (Union Européenne, Fonds monétaire International et Banque Centrale Européenne) pourraient conclure un accord très rapidement sur les principes d’un programme budgétaire pour la Grèce à moyen-terme.
Enfin, la monnaie helvétique a poursuivi son ascension face à ses deux principales contreparties atteignant des sommets inédits. Dans un premier temps, la devise suisse a touché un plus haut historique face à la monnaie européenne mercredi 01 juin à 1,2054 franc suisse pour un euro. La vigueur de la monnaie suisse s’explique par son statut de valeur refuge par excellence. Les nombreuses incertitudes sur le dossier de la dette souveraine dans les périphériques de la zone euro ont nettement favorisé le franc suisse. De plus, la publication surprise des ventes au détail suisses ressorties en hausse de 7,5% pour le mois d’avril contre 1,9% attendu est venue soutenir la monnaie helvétique. Les ventes au détail constituent une grande partie de la consommation, qui est un moteur clé de l'économie et a un effet considérable sur le PIB. Le même jour, la monnaie helvétique a atteint un record historique face à la monnaie américaine touchant les 0,8380 franc suisse pour un dollar. Ainsi, les incertitudes sur la vigueur de la reprise américaine profitent nettement aux valeurs refuges telles que la monnaie helvétique.
Matières Premières :
Au chapitre des matières premières, la semaine a été marquée par un nouveau record historique du métal jaune face à la devise européenne. Lors de la journée de mercredi, l’once d’or a atteint 1088,01 euros soit un nouveau plus haut historique. Cette hausse s’explique par un regain d’inquiétudes des investisseurs face aux dettes souveraines de la zone euro. Les dégradations successives des notes de pays comme l’Italie ou encore la Belgique ont conduit l’once vers de nouveaux sommets. Face au dollar la tendance a été identique. L’or s’est apprécié de 12,26 dollars depuis son cours d’ouverture en début de semaine à 1514,05 dollars à son cours actuel de 1526,31 dollars. L’once a pleinement joué son rôle de valeur refuge profitant de la baisse du billet vert impacté par des chiffres macroéconomiques américains plus que mitigés, et par une crise européenne faisant craindre le pire pour l’Europe.
Les investisseurs ont délaissé les actifs plus risqués et plus rémunérateurs pour venir se renforcer sur le métal jaune via des achats sur repli. Par ailleurs, la demande sur l’or ne cesse de croître permettant de soutenir les cours. Industriels, particuliers ou encore banques centrales achètent de plus en plus d’or ce qui permet d’orienter les cours à la hausse. Sur les trois premiers mois de l’année, la demande mondiale sur l’or a atteint 981 tonnes pour une valorisation de 44 milliards de dollars alors que sur la même période en 2010 la demande avait atteint 881 tonnes. La demande des investisseurs a progressé de 26% à 310 tonnes avec une hausse de plus de 52% sur les lingots et les médailles. Sur les bijoux, la progression est de 7% sur le premier trimestre 2011 à 557 tonnes. Les banques centrales ont acheté sur les trois premiers mois de l’année 129 tonnes soit un chiffre supérieur aux trois premiers trimestres de 2010. La faiblesse persistante du dollar encourage les banques centrales à diversifier leurs actifs et donc à se tourner vers les métaux précieux. Les achats de la Chine ont même dépassé ceux de l’Inde, plus important acheteur d’or physique.
Du côté du métal blanc, le cours est revenu flirter avec les 39 dollars l’once à 38,83 dollars, un niveau inédit depuis le 11 mai dernier. En rythme hebdomadaire l’argent s’adjuge un gain de 2,42 dollars à 37,63 dollars ce matin. Ailleurs sur les autres métaux précieux, le cuivre se négocie autour de 4,15 dollars la livre sur le contrat d’échéance juin prochain, en progression de 1,71% sur la semaine. Malgré des statistiques économiques décevantes en Chine faisant craindre un ralentissement sur la demande, le cours reste néanmoins soutenu par une offre également au plus mal après des conditions climatiques désastreuses.
Au niveau du pétrole, le cours sur le Brent de la Mer du Nord d’échéance juillet prochain est en progression cette semaine pour se traiter actuellement autour de 115 dollars le baril. Outre-Atlantique le baril de qualité light sweet crude d’échéance identique a connu la même tendance, le cours est revenu au dessus des 100 dollars le baril à 101,83 dollars le plus haut. Sur la semaine la tendance a été haussière sur les cours de l’or noir en raison notamment du mouvement de dépréciation récent du billet vert face à l’euro, le dollar étant l’unique devise de négoce du pétrole. Par ailleurs, les tensions géopolitiques en Libye ont continué de peser. L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a lancé la semaine dernière un appel d’urgence destiné à augmenter la production pétrolière rapidement alors que des doutes sur les réserves excédentaires de l’OPEP persistent. Au niveau des statistiques, les stocks américains de brut ont progressé de 600 000 barils à 370,9 millions de barils la semaine passée aux États-Unis alors que le consensus attendait un repli de 1,2 million de barils. Au niveau de l’essence, les stocks ont fait état d’une hausse spectaculaire de 3,8 millions de barils à 209,7 millions de barils contre une prévision baissière des analystes de 100 000 barils. Cette hausse des stocks démontre un ralentissement de la demande, demande qui a par ailleurs reculé de 5,3% sur la même période par rapport à l’année dernière à 18,5 millions de barils par jour.
A noter également cette semaine, l’introduction en bourse à Londres et à Hong Kong du géant suisse des matières premières, Glencore. Cette entreprise dirigée par Ivan Glasenberg, successeur de Marc Rich, fondateur, a été valorisée à 36,7 milliards de livres soit 41,6 milliards d’euros pour un prix de 530 pence par action.
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| Heure | Pays | STATISTIQUES / EVENEMENTS |
| Indicateur | Période | Prévision | Précédent | Pertinence |
| Lundi 06 juin |
| 11:00 |  | Indice des prix à la production (GM) | Avril | 0,9% | 0,7% |  |
| 14:30 |  | Permis de construire (GM) | Avril | | 17,2% |  |
| 16:00 |  | Indice Ivey PMI | Mai | | 57,7 |  |
| Mardi 7 juin |
| 6:30 |  | Annonce des taux de la Banque Centrale Australienne | 07 Juin | 4,75% | 4,75% |  |
| 9:15 |  | Indice des prix à la consommation (GM) | Mai | -0,1% | 0,1% |  |
| 11:00 |  | Ventes au détail Eurozone (GM) | Avril | 0,3% | -1,0% |  |
| 12:00 |  | Commandes d'entreprises allemandes (GM) | Avril | 2,1% | -4,0% |  |
| 16:00 |  | Indice IBD/TIPP d'optimisme dans l'économie | Juin | 42,0 | 42,8 |  |
| Mercredi 8 juin |
| 7:45 |  | Taux de chômage | Mai | 3,0% | 3,1% |  |
| 8:00 |  | Balance commerciale allemande | Avril | 14,3B | 18,9B |  |
| 11:00 |  | PIB Zone Euro (GT) | Q1 | 0,8% | 0,8% |  |
| 12:00 |  | Production industrielle allemande (GM) | Avril | 0,1% | 0,7% |  |
| 14:15 |  | Mises en chantier | Mai | 183,5K | 179,0K |  |
| Jeudi 9 juin |
| 1:50 |  | PIB (GT) | Q1 | -0,8% | -0,9% |  |
| 10:30 |  | Balance commerciale | Avril | -£7550 | -£7660 |  |
| 13:00 |  | Annonce des taux de la Banque d'Angleterre | 09 Juin | 0,5% | 0,5% |  |
| 13:00 |  | Programme de rachat d'actifs de la BOE | Juin | 200B | 200B |  |
| 13:45 |  | Annonce des taux de la Banque Centrale Européenne | 09 Juin | 1,25% | 1,25% |  |
| 14:30 |  | Balance commerciale | Avril | 0,3B | 0,6B |  |
| 14:30 |  | Nouvelles demandes d'allocations-chômage | 03 Juin | | 422K |  |
| 14:30 |  | Balance commerciale | Avril | -$48,6B | -$48,2B |  |
| 16:00 |  | Stocks commerce en gros | Avril | 1,0% | 1,1% |  |
| Vendredi 10 juin |
| 4:00 |  | Balance commerciale | Mai | $19,8B | $11,42B |  |
| 8:00 |  | Indice des prix à la consommation allemand (GM) | Mai | 0,0% | 0,0% |  |
| 10:30 |  | Production industrielle (GM) | Avril | 0,1% | 0,3% |  |
| 10:30 |  | Indice des prix à la production (GM) | Mai | 0,3% | 0,8% |  |
| 13:00 |  | Variation nette de l'emploi | Mai | 25,0K | 58,3K |  |
| 13:00 |  | Taux de chômage | Mai | 7,6% | 7,6% |  |
| 14:30 |  | Indice des prix aux importations (GM) | Mai | -0,7% | 2,2% |  |
Degré de pertinence pour les marchés : Très forte Forte/Moyenne à Forte Moyenne |
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