Sur le marché des devises, l’euro est à nouveau sous pression suite l’accentuation de la crise européenne. La situation politique en zone euro est actuellement très instable et les marchés s’inquiètent sur l’avenir de l’union monétaire du vieux continent. Dans ce contexte ou l’aversion au risque est en hausse, les investisseurs se tournent logiquement vers le billet vert et délaissent la monnaie unique. Au regard de la situation actuelle, une crise politique semble petit à petit se propager en Europe. Alors que les investisseurs pensaient que les problèmes au sein de la zone euro étaient résolus après l’accord Sarkozy-Merkel du 27 octobre dernier, l’euphorie a été de courte durée. En effet, l’accord sur le FESF n’a pas permis d’avancée décisive sur la résolution de la crise. La décision par le premier ministre grec de faire un référendum avait fait l’effet d’une bombe sur les marchés et l’euro chutait de 1,42$ à 1,39$. Par la suite, les conclusions du G20 n’ont rien apporté non plus. Victime de sa proposition d’organiser un référendum sur le plan d’aide européen, George Papandréou a dû démissionner dimanche dernier. Et depuis, les débats sont intenses pour la formation d’un gouvernement de coalition. La Grèce se cherche encore et les obstacles sont nombreux. En Italie, le président Silvio Berlusconi a dû également démissionner mercredi soir dernier car il ne recevait plus aucun soutien de son propre gouvernement. La mise sous surveillance de l’Italie par le FMI à la suite du G20 a accéléré la chute du gouvernement Italien. L’euro est tombé jeudi à 1,3482$, son plus bas de la semaine. Les mesures de rigueurs budgétaires demandées par les membres de la Troïka (Commission Européenne, Banque Centrale Européenne et Fond Monétaire International) en échange de l’aide financière ont du mal à passer auprès des électeurs et de nombreux hommes politiques. Ainsi, depuis plus de deux ans, le manque de cohésion interne au sein de l’Union Européenne a entrainé la Grèce dans une situation de quasi-faillite. Sur les marchés, l’Italie retient actuellement toute l’attention. Les rendements à 10 ans Italiens se sont envolés et le seuil critique des 7% à été dépassé. Pire encore, les taux à 2 ans ont atteint le même niveau que les taux à 10 ans. L’Italie est le troisième plus gros émetteur d’obligations souveraines au monde après le Japon et les Etats-Unis et doit se refinancer pour 37 milliards d’euros avant la fin de l’année. La dette italienne est de moins en moins demandée, et la BCE a été obligée de racheter près de 80 milliards d’euros obligations souveraines pour relâcher la pression sur les marchés. Mais est-ce suffisant ? Alors que Mario Draghi avait annoncé que les rachats d’obligations souveraines par la BCE étaient limités et temporaires, les solutions restantes sont minces. La BCE pourrait décider de baisser à nouveau ses taux d’intérêts pour favoriser le crédit et la croissance. Cette solution étant limitée, la BCE n’aura pas d’autres choix d’effectuer de l’impression monétaire pour aider la zone euro. Dans ce contexte, l’euro pourrait fortement baisser à moyen terme. La monnaie unique est déjà sous pression et perd un peu plus de 1,40% en rythme hebdomadaire L’EUR/USD s’échange autour des 1,3640$ ce vendredi. Bien que les autorités japonaises interviennent sur le marché des changes pour limiter la hausse du yen, cela n’a pas limité la baisse de la monnaie européenne. L’EUR/JPY recule de plus de 2% sur la semaine à 105,5 yens. De son côté, sur le NYBOT, le Dollar Index cote 77,80 points contre 76,84 points la semaine dernière. Le billet vert profite de l’incertitude sur les marchés pour prendre des hauteurs. Les monnaies les plus risquées sont celles qui ont le plus chuté face au dollar américain. L’AUD/USD dit « Aussie » baisse de plus de 2,45% en rythme hebdomadaire. L’USD/CAD dit « loonie » gagne environ 1,15% sur la semaine. Matières Premières : Sur le front des matières premières, les métaux précieux profitent des incertitudes politiques en Grèce et en Italie. Entre référendum, annulation du référendum et nouveau gouvernement, les nouvelles se succèdent sans donner de certitude quant à l’avenir politique grec. De plus, l’Italie est devenue la cible des marchés et la crise européenne semble dans l’impasse. En effet, le gouvernement Italien est tombé et Silvio Berlusconi a du démissionner. La hausse des taux Italiens à 10 ans, à plus de 7%, est devenue un risque majeur pour le budget italien. Ainsi, le métal jaune profite de la forte incertitude et de la volatilité des marchés. L’or a frôlé les 1 800$ l’once au cours de la nuit avant de se replier vers les 1 765$ en fin de semaine. Même tendance du côté de l’argent qui a frôlé les 35$ l’once, avant un repli vers les 33,83$. Cette correction en fin de semaine sur les métaux précieux est du à un renforcement du dollar face à ses principales contreparties. Enfin, les cours du pétrole ont évolué de manière dispersée. Le baril léger américain d’échéance décembre prochain a gagné 3,80% pour venir se négocier autour des 98$. A Londres, le Brent de la Mer du Nord d’échéance identique est resté stable et se négocie aux alentours des 113,56$ le baril. La volatilité était importante en milieu de semaine en raison notamment de la baisse surprise des stocks de brut selon les chiffres publiés par le département américain de l’Energie. Les stocks ont baissé de 1,4 million de barils à 338,1 millions de barils alors que les analystes attendaient une hausse de 700 000 barils. En outre, selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), le cours du baril de pétrole pourrait atteindre la barre des 150 dollars à très court terme en raison de la hausse continuelle de la demande et de la baisse de l’offre notamment sur la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.
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